Une revue sur le microbiote et les maladies neurodégénératives

Tiré de « Gut instincts: microbiota as a key regulator of brain development, ageing and neurodegeneration » (voir l’article).

Cette revue scientifique parue en 2017, présente l’état des recherches sur le lien existant entre le microbiote intestinal et les maladies neurologiques. Je vais donner les points essentiels en rapport avec la maladie d’Alzheimer.

L’importance du microbiote dans la genèse des maladies neurodégénératives est souligné dès la première phrase du résumé d’introduction:

« There is a growing Realisation that the gut–brain axis and its Regulation by the microbiota may play a key role in the biological and physiological basis of neurodevelopmental, age-related and neurodegenerative disorders. »

Il existe un lien étroit entre le cerveau et l’intestin. Ces deux organes échangent constamment des informations, c’est l’axe intestin-cerveau qui est sous le contrôle du microbiote. Il devient de plus en plus clair, que des stress physiques (comme par exemple des aliments inadaptés) ou psychologiques, peuvent dérégler ce système de manière significative. Notre alimentation influence notre microbiote et un microbiote de mauvaise qualité peut nous pousser vers la maladie.

On a montré par l’étude de tribus de chasseurs/cueilleurs éloignées, que le microbiote des occidentaux est devenu de plus en plus pauvre au cours du temps (voir Le2013, Sc2014, Cl2015, Ma2015, Ra2015 et So2016).

Notre microbiote évolue au cours de la vie. Nous sommes colonisés à la naissance par le microbiote de notre mère. Chaque régime influence la composition du microbiote, et en particulier chez la personne âgée, ouvrant de nouvelles pistes d’intervention au moyen de l’alimentation.

Des processus neuro-inflammatoires sont impliqués dans le vieillissement. Les microglies, les cellules immunitaires résidents dans le cerveau, y jouent un rôle important (voir Jy2015). L’activation des microglies est sous la régulation constante du microbiome intestinal (Er2015). Il est donc possible de provoquer une réponse neuro-immune en ciblant le microbiome intestinal. Les acides gras à chaine courte ayant un rôle crucial dans ce processus.

Une autre conséquence du vieillissement et des pathologies liées à l’âge, est la perméabilité croissante de la barrière hématoencéphalique (passage entre le cerveau et le système sanguin). Il a été démontré que l’intégrité de la barrière hématoencéphalique dépend d’une composition appropriée du microbiote (voir Br2014). Et là, une fois encore, les acides gras à chaine courte, jouent un rôle important.

charlotte

Maman de trois enfants en bas âge et ancienne proche aidante.