Ma maman nous a quittés

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Elle ne pourra plus admirer notre beau jardin. Elle ne goûtera pas aux tomates qui mûrissent maintenant, ni au carottes, ni aux courges. Aujourd’hui tout ce qui est beau m’attriste parce que je sais qu’elle ne pourra pas l’admirer. Sa place reste désespérément vide.

Lorsque l’ambulance l’a emmenée à l’hôpital il y a cinq semaines, j’ai eu un pressentiment. Voilà ce que j’avais écrit:

Mon sentiment me dit que c’est bientôt la fin. Je suis en deuil, mais ma maman est encore là. Depuis hier, elle n’est plus à la maison. Les deux derniers jours j’ai dû l’aider à se lever, à aller jusqu’aux toilettes, à s’y assoir, à enlever la couche sale et mettre la propre. C’est tout juste si elle arrivait à tenir sa fourchette, tant sa main tremblait! Alors hier matin, j’ai appelé l’ambulance. C’est une nouvelle infection urinaire et peut-être une pneumonie. J’étais d’abord soulagée de ne plus devoir m’en occuper, puis j’ai senti le vide laissé par son absence et j’ai l’impression qu’elle ne reviendra pas.

Elle était sensée aller pour quatre semaines en maison de retraite pour que nous puissions nous reposer. De l’hôpital elle y est allée directement à la date prévue le 13 juillet. Je l’y ai retrouvée et nous avons discuté les dernières formalités. Je devais entre autres dire jusqu’à quel point il fallait intervenir au cas où son état deviendrait très grave. L’infirmière s’excusant presque de la question qu’elle devait poser à tout le monde mais qui dans le cas de ma maman n’avait pas beaucoup de sens. Je me dit d’abord qu’au contraire, elle avait tout son sens, puis en y repensant plus tard je me dit que j’étais bête que je me faisais des idées.

Ma maman dans sa chambre, un jour avant notre départ. Elle regardait ce que faisait son petit-fils.

Lors des visites suivantes, elle avait l’air bien. Voilà les deux dernières photos que j’ai faites d’elle:

Mardi 10 août, le médecin m’a appelée pour me dire qu’elle n’allait pas bien du tout. Heureusement, la voisine était là et j’avais quelqu’un qui pouvait s’occuper des enfants. Nous avons donc pu aller la voir, mon mari et moi et rester quelques heures auprès d’elle. Sa respiration était difficile, comme une lutte. Puis petit à petit elle est devenue plus douce, plus apaisée. J’ai eu l’impression que sa main était plus lourde dans la mienne. Lorsque j’ai chanté pour elle, sa main, puis sa jambe ont tressailli, ainsi que sa paupière. Nous avions l’impression qu’elle remarquait notre présence et que ça l’appaisait.

Je suis triste de ne plus avoir vu ses yeux et de ne pas avoir entendu sa voix une dernière fois! Si j’avais su la veille que son état était si grave, j’aurais pu prendre un taxi pour aller la voir le soir. Mais ce qu’on m’a dit lundi, c’était plutôt qu’elle ne rentrerait pas le lendemain, et pas qu’elle ne rentrerait plus! Le lundi et le mardi matin lors du premier coup de téléphone, je devais encore venir pendant les heures de visite, si possible sans les enfants, puis tout à coup cela n’avait plus d’importance.

Heureusement elle a été bien entourée. L’aumônière lui a rendu visite régulièrement et nous avons fait une cérémonie pendant laquelle elle lui a mis l’huile des mourants. Elle est partie paisiblement deux heures après notre départ.

charlotte

Maman de trois enfants en bas âge et ancienne proche aidante.

Cet article a 1 commentaire

  1. Amstad

    Comme je suis triste de cette nouvelle, sincères condoléances à toi et ta famille. Colette a été importante pour moi et je garderai son souvenir précieusement dans mon cœur. Je lui souhaite un beau et lumineux voyage dans l’au-delà.
    Isabelle

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